ORIENTATION SEXUELLE ET IDENTITÉ DE GENRE : OÙ EN EST LA LUTTE CONTRE LES DISCRIMINATIONS ?
En 2025, près de 5 000 infractions visant des personnes LGBTQIA+ ont été recensées en France. Chaque année, en juin, de multiples temps forts mettent en lumière les revendications et la solidarité qui unissent les personnes homosexuelles, bisexuelles, transgenres... Au-delà des célébrations, le mois des Fiertés permet de rappeler que la lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre répond à des enjeux à la fois majeurs et actuels.
Orientation sexuelle et identité de genre : quelles différences ?
Même si elles sont souvent associées, ces deux notions renvoient à des réalités distinctes.
L’orientation sexuelle désigne l’attirance romantique, sexuelle et affective d’un individu. Il peut éprouver cette attirance pour les personnes du même sexe, celles du sexe opposé, pour les personnes des deux sexes, ou indépendamment du genre ou du sexe.
L’identité de genre correspond au genre auquel la personne s’identifie, indépendamment du sexe assigné à la naissance. L’expression englobe plusieurs nuances. En effet, une personne cisgenre a une identité de genre similaire à son sexe de naissance alors que, pour une personne transgenre, ces deux éléments seront différents. Une personne peut également se définir comme non-binaire lorsqu’elle ne se reconnait ni dans le genre homme, ni dans le genre femme, ou bien agenre quand elle ne s’identifie à aucun genre.
Tant l’orientation sexuelle que l’identité de genre d’un individu peuvent faire l’objet de comportements discriminatoires. Ils se caractérisent par un traitement défavorable fondé sur un critère interdit par la loi (origine, handicap, âge…) dans une situation prévue par celle-ci, par exemple l’emploi ou l’accès au logement.
Un combat historique pour la reconnaissance des droits
La reconnaissance juridique des droits des personnes LGBTQIA+ est le fruit de décennies de mobilisation.
En France, l’homosexualité a été définitivement dépénalisée grâce à la loi du 4 août 1982. L’émergence de nombreux mouvements en faveur des droits et de la visibilité culmine en 1990 avec l’apparition du sigle LGBTQIA+.
Avant cette période, les personnes LGBTQIA+ ont longtemps été réprimées au niveau national. Une première dépénalisation avait déjà eu lieu sous la Révolution française en 1791, mais rétablie par une loi promulguée sous le régime de Vichy, le 6 août 1942.
Ensuite, en 2001, la première loi française condamnant pénalement les discriminations pour orientation sexuelle dans l’emploi est promulguée.
Tant au niveau national qu’international, divers textes permettent de faire avancer la cause au fil du XXIe siècle. L’Union Européenne est ainsi déclarée « zone de liberté pour les personnes LGTBQIA+ », tandis que la législation française est complétée par un plan pluriannuel de lutte contre les LGBTphobies.
Néanmoins, près d’un tiers des pays du monde criminalisent encore aujourd’hui les relations entre personnes du même sexe et restreignent la liberté d’expression des personnes LGBTQIA+.
La non-linéarité de l’évolution historique et les différences de droit à l’échelle mondiale nous rappellent que les droits ne sont jamais définitivement acquis ; c’est pourquoi il est primordial de poursuivre les actions de sensibilisation et de lutte.
Dans le monde professionnel, les défis liés aux LGBTphobies persistent
Le monde professionnel illustre les complications pouvant survenir pour les personnes LGBTQIA+ : difficulté à trouver un emploi, invisibilisation dans l’espace de travail, isolement… Malgré l’ouverture croissante du débat sur ce sujet en France, les comportements précités affectent le bien-être à la fois physique, mental et émotionnel des personnes concernées.
Au niveau de l’embauche, les personnes non hétérosexuelles ont aujourd’hui 1,9 fois plus de risque que les autres d’être confrontées à des discriminations au cours de leur recherche, alors même qu’un tel risque n’était pas observable dans les années 2010.
En outre, certain·es dissimulent leur identité de genre ou leur orientation sexuelle au travail par peur du jugement, de la mise à l’écart et des violences. Selon le baromètre LGBT+ 2024 réalisé par l'Ifop, près de 3 employé·es sur 10 déclarent en effet avoir subi au moins une agression LGBTphobe au travail. Les personnes transgenres et non-binaires sont particulièrement touchées par ce phénomène ; les moqueries ou expressions désobligeantes dans le cadre du travail restent elles aussi très présentes.
Contre les discriminations, la lutte reste nécessaire
En France, malgré l’existence d’un cadre légal qui punit les discriminations liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre, les personnes LGBTQIA+ subissent toujours des inégalités de traitement et même des violences.
Or, la souffrance engendrée peut freiner le signalement de ces infractions : par exemple, en 2024, seulement 4% des actes anti-LGBTQIA+ ont été signalés aux autorités.
Cet état des lieux souligne l’importance de poursuivre les efforts engagés dans la lutte pour que chacun puisse vivre librement, quelles que soient ses caractéristiques personnelles.
C’est dans cette perspective qu’à La Cravate Solidaire Bordeaux, nous nous engageons en faveur de l’égalité des chances à travers nos actions d’accompagnement vers l’emploi. En effet, nous accueillons et guidons les candidat·es vers la réussite de leur projet, quelles que soient leur identité de genre ou leur orientation sexuelle.
Pour ce faire, nous proposons régulièrement aux bénévoles qui interviennent dans le cadre des coachings de se sensibiliser aux LGBTQIA+phobies et devenir des allié·es aguerri·es. Ainsi, nous agissons pour un monde professionnel où chaque personne est recrutée sur la base de ses compétences, sans avoir à cacher une partie de son identité.
Sources :
- Ministère de l’Intérieur. (2025). Les infractions anti-LGBT enregistrées par les services de sécurité en très légère augmentation en 2025. https://www.interieur.gouv.fr/Interstats/Actualites/Les-infractions-anti-LGBT-enregistrees-par-les-services-de-securite-en-tres-legere-augmentation-en-2025
- Réseau Canopé. (s.d.). Le cadre législatif, réglementaire et institutionnel. https://valeurs-de-la-republique.reseau-canope.fr/decouvrir/notice/eduquer-contre-les-lgbtphobies-notions-et-enjeux/le-cadre-legislatif-reglementaire-et-institutionnel
- Parlement européen. (2021, mars 4). Le Parlement déclare l’Union européenne zone de liberté LGBTIQ. https://www.europarl.europa.eu/news/fr/press-room/20210304IPR99219/le-parlement-declare-l-union-europeenne-zone-de-liberte-lgbtiq
- ILGA World. (2024). Laws on Us: Rapport sur les lois relatives aux droits LGBTI. https://ilga.org/fr/news/laws-on-us-rapport-lois-droits-lgbti/
- Défenseur des droits. (2024). Les évolutions des discriminations dans l’emploi entre 2016 et 2024. https://www.defenseurdesdroits.fr/les-evolutions-des-discriminations-dans-lemploi-entre-2016-et-2024
- Ministère de l’Intérieur. (2025). Info rapide n°53 : Légère progression des infractions anti-LGBT enregistrées par les services de sécurité. https://www.interieur.gouv.fr/Interstats/Infractions-et-sentiment-d-insecurite/Menaces-et-injures/Info-rapide-n-53-Legere-progression-des-infractions-anti-LGBT-enregistrees-par-les-services-de-securite