RECRUTERIEZ-VOUS SAMIRA ?
Vous recevez le CV de Samira, et le parcourez rapidement :
À 46 ans, elle habite dans un quartier prioritaire de la métropole bordelaise.
Mère célibataire de deux adolescents, elle recherche un poste d'assistante administrative après plusieurs années d'expérience dans la grande distribution puis dans une PME.
Son parcours comporte également une interruption professionnelle de deux ans pour accompagner un parent dépendant.
À ce stade, une question simple → L'inviteriez-vous à un entretien ?
Peut-être avez-vous déjà commencé à vous faire une opinion.
Peut-être vous êtes-vous demandé si elle maîtrisait les outils numériques. Si elle serait suffisamment disponible. Si elle s'intégrerait facilement dans une équipe jeune. Ou encore si son parcours n'était pas un peu « atypique ».
Pourtant, vous ne connaissez encore rien de ses compétences.
Ce qui se joue avant même l'entretien
Sans en avoir conscience, nous mobilisons toustes des raccourcis mentaux pour prendre des décisions rapidement, faciliter le traitement d’une grande quantité d’information, ou encore prioriser l’importance de ces dernières.
Dans le recrutement, ces biais cognitifs peuvent s'appuyer sur des critères de discrimination tels que l'âge, l'origine, la situation de famille, le lieu de résidence ou encore l'apparence physique.
Pour Samira, ces critères peuvent se cumuler :
- Son âge peut être perçu comme un frein à l'adaptabilité.
- Son nom peut susciter des préjugés liés à l'origine.
- Sa situation de mère célibataire peut interroger sur sa disponibilité.
- Son adresse peut alimenter des stéréotypes sur son environnement de vie.
Aucune de ces informations ne préjuge pourtant de sa capacité à réussir dans le poste.
Les conséquences pour Samira
Lorsqu'une personne est confrontée à ces situations de manière répétée, les effets sont bien réels.
Progressivement, elle peut par exemple :
- Viser des postes en dessous de ses compétences,
- Perdre confiance dans sa capacité à convaincre,
- Renoncer à la garde de ses enfants,
- …
La discrimination ne produit pas uniquement de l'exclusion. Elle produit aussi du découragement.
Les conséquences pour les entreprises
Ces mécanismes ont également un coût pour les organisations.
À force de recruter les profils qui nous semblent les plus familiers ou les plus rassurants, nous risquons de passer à côté de talents, d'expériences et de compétences précieuses.
Les entreprises qui peinent à diversifier leurs recrutements s'exposent à des équipes moins représentatives, moins innovantes et parfois moins attractives pour les nouvelles générations.
La question n'est donc pas seulement : « Comment éviter les discriminations ? »
Elle est aussi : « Quels talents risquons-nous de ne jamais rencontrer à cause de nos biais ? »
La Fresque de la Non-Discrimination : comprendre pour agir
C'est précisément pour répondre à cette question que La Cravate Solidaire Bordeaux propose la Fresque “Une Histoire de Discrimination”.
À travers un atelier collaboratif et participatif, les participants découvrent les mécanismes des discriminations, identifient les biais cognitifs qui influencent leurs décisions et mesurent leurs impacts sur les individus comme sur les organisations.
L'objectif n'est pas de culpabiliser.
L'objectif est de comprendre, d'échanger et de faire émerger des pistes d'action concrètes pour construire des pratiques de recrutement plus inclusives.
Car derrière chaque CV se trouve une personne. Et derrière chaque biais, un talent qui risque de nous échapper.
→ Et vous, auriez-vous recruté Samira ?
La Cravate Solidaire Bordeaux anime un atelier de sensibilisation avec la Fresque dans votre entreprise !
Contactez-nous pour plus d’info : engagement.bordeaux@lacravatesolidaire.org